- The Healer /// Le Guérisseur
mai 14, 2007 par jmbabonneau

L’exposition contient 20 images aux formats 50 x 75 cm et 30 x 45 cm, accompagnées d’une projection audiovisuelle de la série entière comptant 50 diptyques.
![]() |
| voir/see THE HEALER /// LE GUÉRISSEUR (série photographique) |
Un photographe Français (né en 1971) nous entraine dans ses errances solitaires à Copenhague, au Danemark. La ville Européènne qu’habite JM Babonneau et qu’il investigue en photographie depuis bientôt 5 ans. 50.000 images passées en revue, 50 diptyques réalisés.
Un journal intime polymorphe dont la série d’images documentaires nous emmène dans le territoire de la fiction sous la forme dialectique qu’impose le diptyque. Images spontanées croisent le regard d’images construites.
Photographe, mais aussi conteur d’histoires et conceveur de livres photographiques, JM Babonneau dans sa série The Healer /// Le Guérisseur nous présente un travail d’immersion dans l’étrangeté du monde intérieur et du monde extérieur. Parallèlement, ce travail révèle doucement une quête de la beauté dans les rencontres fortuites, les visions furtives pêchées dans la trivialité de l’aquarium culturel quotidien de JM Babonneau, qu’il pique parfois de son ironie.
Une fin de tunnel et un mare à café. 2 verres pleins désertés sur une plage et une petite fille dans l’eau tendant les bras vers le ciel. Une amie photographiée à l’hôpital pendant l’un de ses traitements contre le psoriasis et une couverture de magazine remise en scène avec un œuf dur ouvert aux morceaux éparpillés de sa coquille bariolée. Deux publicités danoises, l’une montrant une jeune femme blonde ouvrant les jambes pour exhiber la culotte d’homme qu’elle porte, l’autre une publicité recadrée d’un couple de retraités souriants pour le parti d’extrême-droite danois, Dansk Folkeparti. Trois générations sur roues, et la trace d’un dérapage dans la courbe de la route bordée de pelouse. Deux images d’un homme masqué d’une couverture de magazine de mode au visage percé par les yeux et le nez du photographe. Un ordinateur portable montrant un paysage de nuit éclairé au réverbère et le fantôme hurlant et flou du photographe sortant du même paysage, référant au tableau Le Cri d’Edvard Munch. Un timbre postal nazi figurant une gravure d’Hitler dans le creux d’une main et une décharge publique dont les palissades sont dépassées par une montagne de corps métalliques.
Des photographes comme Robert Frank, Wolfgang Tillmans ou Jim Dine ont épanoui l’expression de JM Babonneau et l’ont doté d’une liberté formelle, à contre-courant de l’école photographique influente de Düsseldorf, où le couple Bernd & Hilla Becher, par exemple, a prôné un extrême systématisme au travers de son œuvre photographique documentaire précise, austère et protestante. Des auteurs comme Henry Miller lui ont confirmé cette nécessité intrinsèque de la condition d’artiste de cultiver l’originalité de son point de vue, ceci impliquant les periodes de doute et de germination de la conscience.
Les échos du choc culturel de l’artiste immigré présentant la sobriété minimaliste-protestante très factuelle du nord versus l’exubérance baroque-catholique très conceptuelle du sud. L’intention subversive de JM Babonneau dans ses travaux sous l’alias de Better_World_Inc. voudrait en fin de compte nous ramener un peu changés de cette odyssée, et nous encourager vers la réconciliation entre l’autochtone et l’étranger, le professionnel et l’amateur, entre l’artiste et l’homme. Une œuvre habitée.
Le dispositif d’exposition des images sous la forme de 20 à 30 tirages (selon les dimensions du lieu) aux formats 50 x 75 cm et 30 x 45 cm, s’assortit d’une projection dynamique d’animations réalisées à partir des prises de vues dont sont extraites les images imprimées. Une atmosphère sonore - en cours de composition - viendra renforcer l’état de rêverie du promeneur solitaire.
This page has the following sub pages.
